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Quelles sont les fascinantes étapes de l’histoire de Madagascar qui ont forgé son identité unique ?

En bref

• Madagascar se situe au carrefour d'influences africaines, asiatiques et européennes depuis les premiers peuplements vers 700 ap. J-C.
• L'histoire politique est marquée par trois périodes majeures : unification Merina, colonisation française (1896-1960) et indépendance.
• La culture malgache se distingue par sa diversité linguistique et son patrimoine reconnu par l'UNESCO (Tsingy, Ambohimanga, forêts humides).
• L'économie a évolué de la riziculture traditionnelle aux grands projets miniers contemporains (QMM, Ambatovy).
• Les exploits sportifs récents, notamment en football (CAN 2019), témoignent d'une nation résiliente malgré ses défis structurels.

dates clés histoire de Madagascar

Au cœur de l’océan Indien, Madagascar se dresse comme un carrefour unique où convergent les influences africaines, asiatiques et européennes. La Grande Île, comme la surnomment affectueusement ses habitants, possède une histoire de Madagascar particulièrement riche et complexe. De l’arrivée des premiers habitants jusqu’aux défis contemporains, l’évolution de cette nation insulaire s’articule autour de moments décisifs qui ont façonné son identité. Ces dates importantes dans l’histoire malgache témoignent d’un parcours singulier, jalonné d’unifications territoriales, de dominations étrangères, de luttes pour la liberté et d’affirmations culturelles. Cet article explore chronologiquement ces événements majeurs pour mieux comprendre leur impact durable sur la construction de la nation malgache.

 

drapeau madagascar

 

Au sommaire

Quelles sont les dates politiques qui ont façonné Madagascar ?

L’histoire de Madagascar politique s’articule autour de quatre grandes périodes : l’unification pré-coloniale, la colonisation française, l’indépendance et les républiques successives. Chacune a profondément modelé les structures institutionnelles et sociales de l’île.

 

Comment s’est construite l’unification de Madagascar avant la colonisation ?

L’unification territoriale de Madagascar représente un processus fascinant qui s’est déroulé bien avant l’arrivée des puissances européennes :

  • ~700 ap. J.-C. : Premiers peuplements humains attestés sur l’île. Des navigateurs austronésiens, venus probablement de l’actuelle Indonésie, s’installent progressivement sur les côtes avant de pénétrer l’intérieur des terres. Ce métissage originel avec des populations africaines bantoues constitue le socle démographique de la nation malgache.

 

  • ~1787 : L’unification Merina débute sous le règne du roi Andrianampoinimerina. Ce souverain visionnaire conquiert et consolide les territoires des hautes terres centrales, établissant la capitale à Antananarivo. Son célèbre serment « La mer sera la limite de mon rizière » ou « Ny ranomasina no valamparihiko » illustre son ambition d’unifier l’ensemble de l’île.

 

  • 1817 : Le fils d’Andrianampoinimerina, Radama Ier, obtient la reconnaissance officielle du Royaume de Madagascar par l’Europe, particulièrement la Grande-Bretagne. Cette reconnaissance internationale constitue une étape cruciale dans l’affirmation de la souveraineté malgache.

 

Cette période fondatrice a posé les bases politiques et administratives d’un État centralisé, bien avant que les puissances coloniales n’imposent leur propre système de gouvernance.

 

Le roi Andrianampoinimerina

Le roi Andrianampoinimerina

 

Pourquoi la colonisation française a-t-elle été un tournant en 1896 ?

La colonisation française marque une rupture brutale dans le continuum historique malgache :

  • 1896 : L’annexion formelle par la France met fin à l’indépendance du royaume. La reine Ranavalona III, dernière souveraine de Madagascar, est contrainte à l’exil d’abord à La Réunion puis en Algérie. Cette date symbolise la fin d’une monarchie séculaire et le début d’une période de domination étrangère qui durera plus de six décennies.

 

  • 1895-1898 : La résistance s’organise rapidement avec le mouvement des Menalamba (« Toges Rouges »). Ces insurgés, principalement issus des hautes terres centrales, mènent une guerre de guérilla contre l’occupant français. Leur répression brutale par le général Gallieni illustre la violence de la conquête coloniale.

Cette période charnière introduit des changements profonds dans l’organisation territoriale, administrative et économique de l’île, dont les conséquences se font encore sentir dans le Madagascar contemporain.

 

colonisation madagascar

 

Comment Madagascar a-t-il obtenu son indépendance en 1960 ?

Le chemin vers l’indépendance Madagascar fut particulièrement douloureux et marqué par des sacrifices considérables :

  • 1947 : Une insurrection nationaliste éclate dans plusieurs régions de l’île, notamment sur la côte est. La répression par les forces coloniales françaises est d’une violence extrême, faisant entre 30 000 et 100 000 victimes selon les estimations. Cette tragédie reste profondément ancrée dans la mémoire collective malgache comme le « prix du sang » versé pour la liberté.
  • 26 juin 1960 : Après des négociations complexes avec la France, Madagascar proclame officiellement son indépendance. Philibert Tsiranana devient le premier président de la République malgache. Cette date importante dans l’histoire malgache est célébrée chaque année comme fête nationale.

L’accession à la souveraineté ne signifie cependant pas une rupture complète avec l’ancienne puissance coloniale. Des accords de coopération maintiennent une forte influence française dans de nombreux domaines.

 

fête indépendance madagascar

 

Quelles crises politiques ont marqué Madagascar depuis 1972 ?

L’histoire de Madagascar post-indépendance est rythmée par des crises politiques récurrentes :

  • Mai 1972 : Une révolte étudiante et populaire contre le néocolonialisme et pour la « malgachisation » de l’enseignement secoue le pays. Face à l’ampleur du mouvement, le président Tsiranana remet le pouvoir à l’armée. Cet événement marque la fin de la Première République et ouvre une période de transition.

 

  • 1975 : Le capitaine de frégate Didier Ratsiraka prend le pouvoir et instaure la Deuxième République d’orientation socialiste. Son « Livre Rouge » définit une révolution malgache inspirée du marxisme, avec nationalisations et alignement sur le bloc soviétique.

 

  • 2002 & 2009 : Deux graves crises post-électorales paralysent le pays. En 2002, Marc Ravalomanana et Didier Ratsiraka s’affrontent pour la présidence, divisant le pays pendant plusieurs mois. En 2009, c’est Andry Rajoelina qui renverse Ravalomanana par un coup d’État, plongeant Madagascar dans une longue transition politique internationale.

Ces crises successives illustrent la fragilité des institutions démocratiques et les défis de gouvernance auxquels le pays continue de faire face.

 

Découvrez également : Ranavalona I : La reine qui a défié les empires européens

 

mouvement 12 mai 1972

Quels événements sociaux ont influencé la société malgache ?

Au-delà des bouleversements politiques, l’évolution sociale de Madagascar s’est construite autour d’événements culturels majeurs et de transformations identitaires profondes. Ces dates importantes dans l’histoire malgache témoignent de la richesse et de la complexité du tissu social insulaire.

 

Comment la diversité culturelle s’est-elle formée ?

La mosaïque culturelle qui caractérise Madagascar aujourd’hui résulte d’un processus historique complexe :

  • ~700 ap. J.-C. : Les premiers peuplements combinant des origines austronésiennes et africaines établissent le fondement génétique et culturel unique de la population malgache. Cette double origine se reflète encore aujourd’hui dans la langue, les coutumes et les traditions de l’île.

 

  • 1937 : Le suicide du poète Jean-Joseph Rabearivelo marque profondément l’histoire de Madagascar culturelle. Premier grand écrivain malgache d’expression française, il incarnait les tensions identitaires entre tradition insulaire et modernité occidentale. Sa disparition tragique en fait un symbole des déchirements culturels liés à la situation coloniale.

 

Cette diversité s’exprime également à travers les 18 ethnies officiellement reconnues, chacune avec ses particularités culturelles, ses dialectes et ses traditions. Malgré cette diversité, une unité culturelle fondamentale existe, notamment à travers la langue malgache commune et certaines traditions partagées comme le famadihana (retournement des morts) ou le famorana ou circoncision.

 

13 mai 1972

 

Pourquoi Mai 1972 est-il un moment clé pour l’éducation ?

Les événements de Mai 1972 représentent bien plus qu’une simple crise politique – ils constituent une véritable révolution culturelle et éducative :

  • La revendication centrale du mouvement étudiant portait sur la « Malgachisation » du système éducatif. Cette demande visait à remplacer le français par la langue malgache comme principal vecteur d’enseignement dans les écoles et universités.

 

  • Ce mouvement s’inscrivait dans une volonté plus large de décolonisation culturelle et intellectuelle, cherchant à valoriser l’identité malgache dans toutes ses dimensions.

 

  • Les réformes éducatives qui suivirent ces événements ont profondément transformé le rapport des nouvelles générations à leur propre culture malgache, même si l’application concrète de la malgachisation s’est heurtée à de nombreux obstacles pratiques.

 

Cette date importante dans l’histoire malgache marque ainsi un tournant dans la construction d’une identité nationale post-coloniale, cherchant à s’affranchir des modèles imposés pendant la domination étrangère.

 

Comment le patrimoine malgache a-t-il été reconnu mondialement ?

La reconnaissance internationale du patrimoine UNESCO de Madagascar constitue une étape majeure dans l’affirmation de sa richesse naturelle et culturelle :

  • 1990, 2001, 2007 : Trois sites exceptionnels sont successivement inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO :
    • Les Tsingy de Bemaraha (1990) : un paysage karstique unique au monde
    • La Colline Royale d’Ambohimanga (2001) : lieu historique et spirituel central dans l’histoire de Madagascar
    • Les Forêts humides de l’Atsinanana (2007) : écosystèmes abritant une biodiversité exceptionnelle

Cette reconnaissance internationale souligne la valeur universelle exceptionnelle des trésors naturels et culturels malgaches. Elle contribue également à sensibiliser sur l’importance de leur préservation face aux menaces croissantes comme la déforestation, l’exploitation minière non contrôlée ou les effets du changement climatique.

Le classement UNESCO constitue à la fois une fierté nationale et un outil de développement touristique potentiel, même si la protection effective de ces sites reste un défi considérable pour les autorités.

 

tsingy de bemaraha

Quelles sont les grandes étapes économiques de Madagascar ?

L’évolution économique de Madagascar peut se lire comme un palimpseste où chaque régime a superposé son modèle sur les structures préexistantes. De l’économie Madagascar traditionnelle aux défis contemporains, quatre périodes distinctes ont façonné le paysage économique de la Grande Île.

 

Comment l’économie a-t-elle fonctionné sous la monarchie Merina ?

L’économie du royaume Merina s’articulait autour de trois piliers fondamentaux qui reflétaient l’organisation sociale hiérarchisée de cette période pré-coloniale :

  • La riziculture constituait l’épine dorsale de la production agricole. Les souverains Merina investissaient considérablement dans l’aménagement de rizières en terrasses sur les hautes terres centrales, système d’irrigation complexe témoignant d’une ingénierie remarquable. La production rizicole représentait non seulement la base alimentaire mais également un symbole de richesse et de pouvoir.

 

  • Le fanompoana, système de travail forcé non rémunéré, permettait à la monarchie de mobiliser massivement la main-d’œuvre pour les grands projets d’infrastructure (irrigation, fortifications) et les services royaux. Cette corvée, imposée aux sujets libres, préfigurait tragiquement certains aspects du travail forcé colonial ultérieur.

 

  • Le commerce d’esclaves, particulièrement actif jusqu’au début du 19ème siècle, constituait une source importante de revenus pour l’aristocratie. Malgré son abolition officielle sous Radama Ier en 1817 (pour satisfaire les Britanniques), l’esclavage domestique persista jusqu’à la colonisation française.

Cette économie traditionnelle, relativement autosuffisante mais inégalitaire, fut brutalement transformée par l’arrivée des puissances européennes et la colonisation qui s’ensuivit.

 

femme sur une rizière

 

Quelles ont été les conséquences de la colonisation sur l’économie ?

La colonisation française bouleversa profondément les structures économiques malgaches, instaurant un modèle extractif orienté vers la métropole :

  • L’exploitation des ressources agricoles devint systématique, avec le développement de cultures d’exportation comme le café, la vanille, le girofle et le sucre. Ces cultures de rente, souvent imposées au détriment des cultures vivrières traditionnelles, ont durablement façonné le paysage agricole de l’île. La vanille de Madagascar acquit notamment une renommée mondiale qui persiste aujourd’hui.

 

  • Le système de travail forcé colonial, héritier paradoxal du fanompoana royal mais considérablement durci, fournissait la main-d’œuvre nécessaire aux plantations et aux grands travaux d’infrastructure. Ce système oppressif, officiellement aboli seulement en 1946, a laissé des cicatrices profondes dans la mémoire collective malgache.

 

  • La construction du chemin de fer Tananarive-Tamatave, achevée en 1913, symbolise parfaitement la logique économique coloniale. Cette ligne ferroviaire reliait les hautes terres productives au principal port d’exportation, facilitant l’extraction des ressources vers la France. Son tracé, qui ignorait les besoins de développement intérieur de l’île, illustre la priorité donnée aux intérêts métropolitains.

 

La colonisation a ainsi intégré Madagascar dans une économie mondiale, mais dans une position subalterne de fournisseur de matières premières, créant des déséquilibres structurels qui perdurent encore aujourd’hui.

pénurie PPN Antananarivo 1970

Pourquoi les années 1970 ont-elles été une période de crise économique ?

Les années 1970 marquent une rupture idéologique et économique majeure qui plongea le pays dans une crise profonde :

  • 1975 : L’arrivée au pouvoir de Didier Ratsiraka et l’instauration de la Deuxième République s’accompagnent d’un virage socialiste radical. Les nationalisations massives des secteurs clés (banques, commerce extérieur, industries stratégiques) visaient à reprendre le contrôle national de l’économie, mais provoquèrent une fuite des capitaux et des compétences techniques.

 

  • L’inflation galopante qui s’ensuivit déstabilisa profondément le pouvoir d’achat des malgaches. La dévaluation de l’ariary, combinée à la désorganisation productive, conduisit à une pénurie généralisée de produits de première nécessité.

 

  • La spirale d’endettement plaça progressivement le pays sous la dépendance au FMI et à la Banque Mondiale. Dès 1980, l’échec du modèle socialiste contraignit le régime à accepter des Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) imposant une libéralisation économique, en contradiction avec l’idéologie officielle.

Cette période témoigne des difficultés à construire un modèle économique souverain dans un contexte international contraignant et face à des héritages structurels problématiques.

 

carrière ilménite

 

Quels sont les enjeux des grands projets miniers actuels ?

Le secteur minier constitue aujourd’hui un pivot controversé du développement économique de Madagascar :

  • QMM (1998) : Ce projet d’exploitation d’ilménite (minerai de titane) à Fort-Dauphin, porté par Rio Tinto, illustre la complexité des enjeux miniers contemporains. S’il génère des revenus fiscaux et des emplois directs et indirects, son impact environnemental sur les écosystèmes côtiers uniques du sud-est malgache suscite des inquiétudes légitimes.

 

  • Ambatovy (2012) : Ce gigantesque complexe d’extraction et de traitement de nickel et de cobalt près de Moramanga représente l’un des plus importants investissements industriels de l’histoire du pays (environ 8 milliards de dollars). La production de ces métaux stratégiques, essentiels pour les technologies vertes et les batteries, place paradoxalement Madagascar au cœur des chaînes d’approvisionnement mondiales de la transition énergétique.

Ces méga-projets cristallisent les dilemmes du développement : comment concilier l’extraction des ressources naturelles, la création de valeur économique, la protection environnementale et le bien-être des communautés locales ? La question de la répartition équitable des bénéfices entre investisseurs étrangers, État malgache et populations locales reste particulièrement sensible.

 

Découvrez également : Comment la visite d’Emmanuel Macro va transformer la relation franco-malgache ?

 

Quels exploits sportifs ont marqué Madagascar ?

Le sport Madagascar offre un contrepoint fascinant à l’histoire politique et économique du pays, révélant la résilience et le talent d’une nation qui, malgré des ressources limitées, parvient régulièrement à briller sur la scène internationale.

 

Quand Madagascar a-t-il participé pour la première fois aux JO ?

L’entrée de Madagascar dans la grande famille olympique marque symboliquement son intégration dans la communauté internationale post-indépendance :

  • 1964 : La première délégation malgache aux Jeux Olympiques de Tokyo constitue un moment fondateur du sport Madagascar Bien que modeste en nombre et en résultats, cette participation inaugurale revêtait une importance symbolique considérable pour une nation ayant récemment recouvré sa souveraineté.

Cette première apparition olympique s’inscrivait dans un contexte plus large d’affirmation des jeunes nations africaines sur la scène sportive mondiale. Pour Madagascar, comme pour beaucoup d’autres pays nouvellement indépendants, le sport international représentait un vecteur d’identification nationale et de reconnaissance internationale, au-delà des performances purement athlétiques.

Depuis cette première participation, la Grande Île a été présente à presque toutes les éditions des Jeux Olympiques d’été. Si les médailles olympiques se font encore attendre, des athlètes comme Jean-Louis Ravelomanantsoa (finaliste du 100m aux JO de 1968 à Mexico) ont porté haut les couleurs malgaches dans les compétitions internationales.

 

Comment le football malgache s’est-il illustré en 2019 ?

L’année 2019 restera gravée dans les annales du sport Madagascar comme celle d’un exploit footballistique retentissant :

  • Pour sa toute première participation à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en Égypte, l’équipe nationale de football Madagascar a réalisé un parcours exceptionnel qui a captivé le pays entier.

 

  • Les « Barea » (du nom du zébu malgache, symbole national) ont créé la sensation en terminant premiers de leur groupe devant le Nigeria, puis en éliminant la République Démocratique du Congo en huitièmes de finale.

 

  • Leur parcours s’est achevé en quarts de finale contre la Tunisie, mais cette performance historique a transcendé le cadre sportif pour devenir un symbole de fierté nationale et d’unité dans un pays souvent divisé politiquement.

Ce succès inattendu a révélé au monde le potentiel du football malgache, longtemps sous-estimé sur la scène africaine. Il a également mis en lumière l’importance de la diaspora, plusieurs joueurs évoluant dans des championnats européens ayant choisi de représenter leur pays d’origine.

 

athlètes malgaches

 

Pourquoi les Jeux des îles de l’Océan Indien sont-ils importants ?

Les Jeux des îles de l’Océan Indien occupent une place particulière dans le paysage sportif régional et dans le cœur des malgaches :

  • Victoires en 1990, 2007, 2023 : Madagascar a remporté trois fois cette compétition régionale, qui réunit les nations insulaires de l’Océan Indien (Maurice, Seychelles, Comores, Mayotte, La Réunion). Ces succès, particulièrement ceux obtenus à domicile en 1990, 2007 et tout récemment en 2023, ont déclenché des scènes de liesse populaire incomparables.

 

  • Ces jeux représentent un symbole de fierté nationale particulièrement puissant, permettant à Madagascar de s’affirmer comme une puissance sportive régionale malgré ses difficultés économiques. La rivalité amicale avec l’île Maurice et La Réunion ajoute une dimension émotionnelle supplémentaire à ces compétitions.

 

  • Sur le plan diplomatique, ces jeux renforcent l’intégration régionale et les liens culturels entre ces îles qui partagent une histoire et des défis communs. Ils constituent également une vitrine pour des sports moins médiatisés et des athlètes qui n’ont pas toujours accès aux compétitions internationales de plus grande envergure.

Au-delà des médailles, ces jeux régionaux illustrent comment le sport peut devenir un vecteur d’identité collective et de rayonnement international pour une nation comme Madagascar, dont l’isolement géographique et les contraintes économiques limitent souvent la visibilité sur la scène mondiale.

 

enfants malgaches

 

Quel avenir pour Madagascar après ces événements clés ?

L’histoire de Madagascar se dessine comme une tapisserie complexe, où se mêlent ambitions d’indépendance, influences extérieures et affirmations identitaires. Ce parcours historique, jalonné de dates importantes dans l’histoire malgache, révèle une nation résiliente qui a su préserver sa singularité malgré les bouleversements politiques et les dominations successives.

Le défi contemporain de la Grande Île s’articule autour d’un paradoxe saisissant : comment transformer ses richesses naturelles et culturelles exceptionnelles en développement durable pour sa population ? Madagascar possède des atouts considérables – biodiversité unique au monde (80% des espèces y sont endémiques), ressources minières stratégiques, potentiel agricole et touristique immense. Pourtant, ces richesses contrastent douloureusement avec la pauvreté persistante qui touche plus de 75% de sa population.

L’équation du futur malgache se compose de plusieurs variables interdépendantes :

  • La stabilité politique, encore fragile après les crises cycliques qui ont rythmé l’histoire de Madagascar récente

 

  • La gouvernance et la lutte contre la corruption, identifiées par les organisations internationales comme des obstacles majeurs au développement

 

  • L’équilibre entre exploitation des ressources et préservation du patrimoine UNESCO naturel et culturel

 

  • L’adaptation aux changements climatiques, qui affectent particulièrement cette île exposée aux cyclones et à la sécheresse

 

  • L’intégration régionale dans l’espace de l’océan Indien et sur le continent africain

Les succès sportifs récents, comme l’épopée des Barea à la CAN 2019, ou culturels, avec le rayonnement international de la musique malgache, offrent des récits alternatifs à la narration souvent pessimiste sur l’île. Ces moments fédérateurs illustrent le potentiel d’une nation qui, malgré des ressources limitées, peut atteindre l’excellence par la détermination collective.

L’avenir de Madagascar ne se jouera pas uniquement sur l’échiquier économique ou politique, mais aussi dans sa capacité à mobiliser son exceptionnelle culture malgache comme ressource pour le développement. Entre tradition et modernité, entre souveraineté nationale et intégration mondiale, la Grande Île continue d’écrire son histoire singulière, puisant dans ses racines profondes la force de relever les défis contemporains.

 

Découvrez également : La tradition Merina peut-elle triompher face aux défis du monde contemporain ?

 

FAQ : Les Questions Fréquentes sur l’Histoire de Madagascar

Quand Madagascar a-t-il obtenu son indépendance ?

Madagascar a proclamé son indépendance le 26 juin 1960, après 64 années de colonisation française. Cette date importante dans l’histoire malgache est célébrée chaque année comme fête nationale avec des défilés militaires et des manifestations culturelles à travers l’île.

 

Pourquoi 1947 est-il une date tragique ?

L’insurrection nationaliste de 1947 fut réprimée dans un bain de sang par les forces coloniales françaises, causant environ 80 000 morts selon les estimations les plus courantes. Cette tragédie, longtemps occultée dans l’histoire de Madagascar, constitue un traumatisme fondateur dans la mémoire collective malgache et un catalyseur du mouvement indépendantiste.

 

Qu’est-ce que la « Malgachisation » ?

La « Malgachisation » désigne la réforme éducative mise en œuvre après la révolte de 1972, visant à remplacer le français par la langue malgache comme principal vecteur d’enseignement. Cette politique symbolisait la décolonisation culturelle et la réappropriation de l’identité nationale, bien que sa mise en œuvre ait rencontré des obstacles pratiques considérables.

 

Qui était Jean-Joseph Rabearivelo ?

Jean-Joseph Rabearivelo (mort en 1937) est considéré comme le premier grand écrivain malgache d’expression française et une figure majeure de la poésie africaine moderne. Son œuvre, marquée par un tiraillement entre traditions malgaches et influences occidentales, témoigne des tensions identitaires de l’époque coloniale.

 

Quels sont les sites malgaches classés à l’UNESCO ?

Madagascar compte trois sites inscrits au patrimoine UNESCO : les impressionnants Tsingy de Bemaraha (1990), paysage karstique unique au monde ; la colline royale d’Ambohimanga (2001), berceau spirituel et historique de la monarchie Merina ; et les exceptionnelles Forêts humides (2007) de l’Atsinanana, malheureusement menacées par la déforestation.

 

Quel est le plus grand exploit sportif de Madagascar ?

Le parcours historique de l’équipe nationale de football jusqu’en quarts de finale de la CAN 2019 représente le sommet du sport Madagascar moderne. Cette première participation couronnée de succès a suscité une ferveur populaire sans précédent et révélé au monde entier le potentiel des « Barea », longtemps sous-estimés sur la scène continentale.

 

Qui a dirigé Madagascar après l’indépendance ?

Quatre figures principales ont dominé la vie politique malgache depuis l’indépendance Madagascar : Tsiranana (1960-1972), premier président ; Ratsiraka (1975-1993, 1997-2002), artisan de la révolution socialiste ; Ravalomanana (2002-2009), homme d’affaires devenu président ; et Rajoelina (depuis 2019), revenu au pouvoir après la transition politique. Leurs personnalités et visions divergentes illustrent les oscillations de la politique Madagascar contemporaine.

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